Voici le récit de ma venue au monde raconté par Maman
Comme mon petit ange ne se décidait pas à pointer le bout de son petit nez, le gynéco nous a proposé de déclencher l'accouchement le 5 février.
Je suis rentrée à l'hôpital le 4 février à 20h. L'accueil a été très chaleureux, j'ai eu la chance d'avoir une des chambres les plus spacieuses au bout du couloir, je n'étais donc pas dérangée par des passages incessants devant ma porte. La chambre se composait d'un lit, une table de nuit, une table, des chaises et des tabourets, un coin pour les soins de bébé (plein d'armoires, une baignoire, un coussin à langer et une balance). J'avais également une douche, WC et évier. La chambre était équipée d'une télévision et d'un petit frigo.
Je m'installe tranquillement dans la chambre, on m'apporte des colis plein d'échantillons et de produits ainsi que les produits de soins pour mon séjour que je pourrai ramener à la maison (lingettes, pampers, savon, huile de bain, et plein d'autres chouettes choses). On me laisse de la lecture (brochures de l'hôpital, enquête à remplir à la fin du séjour).
A 21h on m'a posé un comprimé de prostaglandine pour faire mûrir le col qui n'était qu'a 1cm d'ouverture. Un deuxième comprimé a été posé à 4h30, le col n'avait pas encore vraiment bougé. A 6h30, on me refait un examen du col, il est raccourci et mou mais l'ouverture est toujours de 1cm, on me pose la perfusion d'ocytocine pour déclencher le travail. Je suis couchée dans mon lit et je commence à réfléchir, je décide finalement de demander la péridurale, je n'ai pas envie d'avoir mal.
Vers 7h Santi arrive, on me déplace en salle de travail où il n'y a aucune distraction, dans ma chambre j'avais au moins la télévision. On m'a posé la péridurale vers 8h, je n'ai absolument rien senti et je suis soulagée de savoir que je ne sentirai pas les contractions. Au cours de la matinée on m'examine plusieurs fois le col, la dilatation se passe très bien. Vers midi, on m'annonce que la dilatation est complète et que je dois arrêter d'utiliser la pompe de la péri pour sentir quand l'envie de pousser arrive. C'est à ce moment qu'on me perce la poche des eaux, un peu de liquide coule mais pas beaucoup. La sage-femme recommence mais il n'y a rien de plus qui sort.
Le monitoring n'arrête pas de déconner, je ne vois pas les contractions sur le graphique mais je les sens bien passer, je commence à souffrir sérieusement, le coeur de mon bébé bat toujours très bien, il n'est toujours pas disposé à sortir car n'est toujours pas descendu.
Je sens chaque contraction, avec les sages-femmes on commence les poussées dans la chambre de travail. Je pousse de toutes mes forces, j'ai l'impression que ça dure une éternité, bébé ne descend pas.
Au bout d'un moment on me déplace en salle d'accouchement, je souffre atrocement, je pousse, je pousse, je fais que ça pendant deux heures, je n'en peux plus. Je suis à bout de forces, je n'ai rien pu manger depuis la veille, et bu à peine quelques gorgées d'eau.
Je me retrouve avec deux sages-femmes de chaque côté pour m'aider à tenir mes jambes, une autre qui pousse sur mon ventre, tout le monde m'encourage, Santi est derrière moi et fait ce qu'il peut pour m'aider. Le gynécologue décide finalement de me faire une épisiotomie et d'utiliser la ventouse pour sortir mon bébé, il ne veut pas descendre. Je reçois une anesthésie locale qui me laisse un bel hématome.
Il insère la ventouse, il faut encore que je pousse, j'ai l'impression que mon bébé ne viendra jamais au monde, j'ai envie de pleurer je veux seulement qu'il arrive enfin ! Finalement la tête sort, puis les épaules, mais le reste ne sort pas tout seul, le gynécologue doit vraiment tirer mon bébé hors de moi. Il me le dépose ensuite sur le ventre, il est tout chaud et tout glissant. Je suis heureuse qu'il soit enfin sorti ! Malheureusement le papa ne pourra pas couper le cordon, l'accouchement a été trop long. Il est 14h30.
On me prend ensuite mon bébé pour lui faire divers soins, je ne le vois pas pendant un moment qui me semble à nouveau une éternité, moi je ne sais plus trop où je suis, j'ai mal, j'ai envie que ça s'arrête et d'être tranquille avec mon bébé dans ma chambre.
Ce n'est pas encore possible, le placenta doit sortir. Le gynécologue attend, je ne sais pas ce qu'il fait car je suis un peu "dans les vapes" à cause de la douleur et de l'effort intense que je venais de fournir. Jusqu'au moment où il me dit que je dois pousser. Ma réaction : "encore ? Non je ne peux plus j'ai trop mal, je suis trop fatiguée je ne veux plus pousser!". Je fais malgré tout les derniers efforts demandés, ce fichu placenta sort enfin, il est examiné mais il n'y a rien à signaler a part qu'il est gros.
Le gynécologue me recouds, je réalise que la cicatrice sera de plusieurs centimètres, ça prend du temps, encore du temps, j'en ai vraiment assez j'ai mal, j'ai soif, je veux mon bébé. Je demande si je peux ravoir une dose de péri maintenant, on m'autorise mais je n'ai pas du tout l'impression que ça calme quoi que ce soit.
Je reçois enfin mon bébé près de moi, il hurlait depuis un moment, moi qui ne rêvait que d'un peau à peau tranquille après qu'il soit sorti c'est raté. De plus, je ne le garde pas longtemps sur moi car je me sens mal, j'ai la nausée, j'ai l'impression que je vais tomber dans les pommes, je meurs de froid. J'ai peur de lâcher le bébé alors je demande à Santi de le garder près de lui.
Après tout ça je peux enfin retourner dans ma chambre avec mon bébé, c'était vers 17h je pense. Je n'ai pas su me lever de toute la nuit, mon bébé n'a pas réclamé à téter. La sage-femme a donc voulu lui mettre en bouche de force en me pinçant le mamelon et en le lui fourrant dans la bouche ! Quelle horreur, encore des douleurs, mon bébé venait de subir quelque chose d'éprouvant aussi, était certainement fatigué, il aurait bien tété seul au moment où il avait faim.
Le lendemain, je me sens un peu mieux, je mange, je peux allaiter mon bébé non sans douleurs mais j'y arrive, il n'a pas perdu beaucoup de poids par rapport à la veille : de 3,950kg il passe à 3kg770, il a un peu de fièvre qui tombe dans le courant de l'après-midi. Ce jour là je reçois énormément de visites, j'ai pas pu me reposer un seul instant. Ca m'a fait plaisir de voir tout le monde et de montrer ma petite merveille mais j'étais exténuée. Je ne pouvais toujours pas me lever du lit et l'épisiotomie me fait souffrir, elle m'empêche de bouger et de m'installer comme je veux.
Le troisième jour, samedi, est beaucoup plus calme, j'ai très mal quand je fais téter mon bébé mais je continue. Il n'a perdu que peu de poids, de 3kg770 à 3kg680. Je n'ai vu que Santi et ma soeur ce jour là mais je n'ai pas dormi la journée. J'ai changé pour la première fois le pampers de mon petit Léandro, je peux enfin me tenir debout sans risquer de tomber dans les pommes. Il m'avait fait un beau petit paquet et ne s'est pas retenu de me baptiser évidemment !
Léandro réclamait beaucoup à téter, je n'en pouvais plus de la douleur et de la fatigue. Du coup, les sages-femmes m'ont proposé de garder mon bébé une partie de la nuit pour que je me repose, c'était une grosse erreur car à cause des biberons, mon bébé qui n'avais pas encore bien appris à téter le sein s'est mis à confondre le mode de succion.
Le résultat étant qu'au lieu de prendre le sein de mieux en mieux, il le prenait mal et ne tétais pas assez de lait, il réclamait donc souvent, ce qui me fatiguait, et de fil en aiguille, l'allaitement a complètement raté aujourd'hui et je suis très déçue. Je tire encore mon lait, mais il n'y en a plus que pour quelques jours avant que la lactation ne s'arrête. Je pourrais bien lui réapprendre à téter mais j'ai eu tellement de douleurs de l'accouchement, de l'allaitement qui s'est mal passé, de cette épisiotomie qui me fait souffrir chaque jour que je n'ai pas le courage de le faire. Je lui donne donc de mon lait que je tire (quand je peux car c'est fastidieux de tirer son lait, il y en a de moins en moins) et du lait en poudre.
Ca me fend le coeur à chaque fois, je m'en veux mais je me sens soulagée de voir que maintenant il pleure moins, s'énerve moins et a un sommeil plus régulier. Moi j'ai toujours mal aux seins, il faudra un peu de temps pour que ça disparaisse.
Le dimanche nous avons reçu un peu plus de visites, je peux me lever et bouger beaucoup mieux que le samedi. Il n'a plus perdu de poids et en a même repris, il passe de 3kg680 à 3kg710. Je commence à m'ennuyer dans cet hôpital. J'ai envie d'être chez moi avec mon bébé et Santi, de faire ce que j'ai envie. Je n'ai besoin d'aucun soin particulier à part mon Brufen, mon bébé non plus n'a pas besoin de soins il se porte à merveille. On me dit que je pourrai probablement sortir le lendemain.
Le gynécologue passe m'expliquer plusieurs choses : contraception, guérison de l'épisiotomie, prochain rdv, retour de couches, etc. Il faudra encore l'accord du pédiatre le lendemain pour sortir.
Lundi matin je suis heureuse, je vais pouvoir emmener mon petit bébé à la maison. Le pédiatre passe, examine mon bébé à qui on a fait un test de routine (prise de sang). Il constate simplement qu'il a la peau très sèche mais m'assure que ça disparaîtra très rapidement. Son cordon n'est pas encore tombé. Il me fait un papier avec diverses infos et me précise que le premier rendez-vous doit être pris lorsqu'il aura 1 mois.
Date de naisse 05/02/09 - Poids de naissance 3kg950 - Poids actuel 3kg750 - Taille 51cm - PC 34cm - Test d'Apgar 5/7/10 - Allaitement : lait maternel
Léandro a pris encore un peu de poids, il passe de 3kg710 a 3kg750. Encore quelques jours et il aura certainement repris son poids de naissance.
J'ai également vu une représentante de Kind & Gezin qui m'a demandé quelques infos pour leur fichier, laissé quelques brochures et précisé qu'on me téléphonera pour que quelqu'un passe à la maison et pour m'indiquer le lieu des consultations. Kind & Gezin est l'équivalent Flamand de l'ONE ou de la PME.
Je rassemble mes affaires, prépare la paperasse et le soir nous rentrons enfin chez nous, notre vie à trois va réellement pouvoir commencer.
Remerciements
A toutes les personnes qui sont venues sur mon blog demander des nouvelles.
A toutes les personnes qui m'ont laissé des encouragements.
A toutes les personnes qui sont venues me rendre visite à l'hôpital.
A toutes les personnes qui m'ont envoyé des SMS pour prendre des nouvelles.
A toutes les personnes qui ont apporté des cadeaux pour mon bébé.
A ma famille pour m'avoir soutenue après un accouchement si difficile.